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Un lotus aux yeux de mer, suivi de Les rides de mon cœur
3.900CFAPar-delà l’autotélicité, ce florilège de vers intimistes et télépathiques, tout en magnifiant les connotations de l’azur, dessine une symétrie du silence chaotique par rapport à la parole vitale et manipule, sans les voiler à ceux qui savent lire la poésie rituélique prônée par le poète-dédicataire Mahougnon Kakpo, les codes de la circularité du mourir pour renaître :
« je refais le chemin à l’envers/ voici des jours que parle à mes souvenirs/toi mon autre/tu es dans tous mes rêves/ dans tous mes souffles/je ne t’ai jamais laissé loin de moil hier tu étais avec moi/demain tu seras encore là/pour cueillir le poème que je porte à la main » Daté Atavito Barnabé-Akayi
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Anthologie commentée de la poésie funèbre des Bààtɔ̃̀nù du nord-Bénin
Chez les Bààtőgéóbù, les rites funéraires représentent le pont entre les vivants et les morts et s’inscrivent dans le cadre des doubles obsèques bien qu’il n’y ait pas deux sépultures différentes, ni de procédure intermédiaire d’exhumation du cadavre. Il s’agit des rituels de górù wórùdókèbù (la mise en terre) et de górúsíkúbù (l’inhumation). Le rituel de górù wórúdókèbù correspond en fait aux premières obsèques et consiste à mettre le corps sous terre sans autre forme de cérémonie. Ce rituel est précédé de l’annonce de deuil, des rituels de purification et d’emballage du cadavre puis de la préparation de la fosse. Il se déroule souvent entre seize et dix-neuf heures. A la fin de la mise en terre, on remblaie la tombe au ras du sol. Quant aux secondes obsèques, le górúsíkúbù, c’est un rituel au cours duquel le collège des officiants reproduit de façon symbolique les premières obsèques connues sous l’appelation de górù wórúdókèbù.
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Introduction à l’étude de la littérature orale Bààtɔ̃̀nù
Des littératures orales demeurent encore peu connues et pas assez explorées. Parmi celles-ci, nous avons la littérature orale béninoise, en l’occurrence celle des Bààtɔ̃̀bù du nord du Bénin. Plusieurs travaux ont certes été consacrés à la culture bààtɔ̃̀nu dans le domaine universitaire. Le plus souvent, ces travaux (thèses, mémoires ou essais) investissent cette culture sous ses aspects historique, ethnologique, sociologique ou anthropologique. Cette étude s’inscrit dans une démarche proprement littéraire et a pour objectif essentiel l’étude de la littérature orale bààtɔ̃̀nu et de ses acteurs, des différents genres littéraires qu’elle regroupe et de leurs caractéristiques.
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Entre le visible et l’invisible
Les Bààtɔ̃̀bù du Nord-Bénin, comme la plupart des peuples L d’Afrique subsaharienne n’échappent pas à ces pratiques. On note en effet dans le protocole funèbre Bààtɔ̃̀nù, précisément celui des Bààtɔ̃̀géóbù, une multitude de rituels, les uns destinés à accompagner le défunt vers sa dernière demeure et les autres, à non seulement aider à maintenir un lien entre le monde des vivants et l’au-delà, mais aussi à permettre aux vivants de contrôler leur souffrance. S’il est vrai que la société bààtónù apparaît comme une société homogène et unie, il n’en demeure pas moins vrai qu’il existe au sein même de cette même communauté une différence cultuelle. C’est justement cette différence cultuelle qui fonde notre discours.




